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Belém – WSF – 27 janvier

Bélem – January 27

By Josée Madéia

 

Last night, after supper, sitting, working in the common room, and talking about Canadian mining companies in the Congo. a Belgian friend from the hotel walks in and we all start talking about Écosociété’s « Noir Canada ».. it’s really extraordinary to be in a space where these issues can be discussed night or day, and where they work better than small talk to meet and befriend strangers.

 

Adrian, a fellow UNI-Alter was talking about his experience at Aldea do paz, « peace camp », one of the forum’s camping sites. This is a special one, an intentional community with 200+ campers, where cooking is a collective ordeal, where they work together, meet and reunion thrice daily. It’s really interesting to see that the forum can be so many different experiences to so many different people. even within our own student delegation: those who are here for the experience of the youth camp–taking part in activities with folks who are all here for different reasons, wearing different colours, supporting different causes, those at Aldea do paz, and those of us staying in the hammock hostel– wanting to try to make the most of the workshops and presentations by getting more sleep in. 

 

And the march !

 

There were so many banners, balloons, colours and causes…people walking with small trees, with placards, with children, with drums, with fists in the air, with smiles, with magic dancing in their souls, with fire. If you’re someone who, like me, can get teary-eyes and so soulfully energized by a fabulous Earth day celebration on parliament hill or a « coalition yes! » rally in beautiful Halifax, this is the stuff of dreams.

 

Slowly, it begins. the Uni-Alter crew meets near the Greenpeace boat, and it starts, but not before the torrential mid-day rains. Oh how it poured… those who can, march under banners and flags. We make our way under a colourful « solidaridad » banner where it still pours. With hundreds under this banner we play « drapeau » (or at least this is what we called it in French elementary schools in Ottawa) making the banner fly up and down while we make our way through Belem’s streets, stopping to wring out skirts and shirts and whatever else. Multilingual chants and songs, banners, placards and flags for indigenous struggles, for food sovereignty, for women’s rights, for all things anti-capitalist and alter-globalisation, for palestine, for the natural world, for solidarity.. Oh la la! More than a bilingual petite Canadienne can take in !

 

After four hours of walking and dancing, we rally our troops as we can and stop for fruit and nuts and whatever other street food the vendors will offer us.

 

When night falls, a group of us decide to go grab some food, making the hard decision to leave the march, a good ending to such a busy day, a quieter night, just over a handful of us…lovely to get the opportunity to debrief our experience, to sit, to fill our bellies, and to speak français. Talking about our research interests, learning languages and why we’re here. For me, who’s unsure as to what to take on, what to do with myself being fresh out of grad school, it’s really something to have this opportunity to talk with such engaged academics, to meet folks working in so many different ways for social justice. I am happy.

It’s good though to get on the bus going to Vero Peso, the market, and to walk back to Hotel Fortaleza to look at the program for the next day, decide what we want to attend, chat with folks also figuring out logistics for the next day and then retreat to our hammocks. Sleep comes easy.  

 

Tomorrow, the forum begins.

Amazonie : le cœur du monde

Belém – 28 janvier : Amazonie : le cœur du monde
(Chroniques du FSM 2009) – par Raphael Canet

Cette nouvelle édition du FSM souhaitait mettre l’accent sur une réalité qui, aux dires de plusieurs, ne fut pas suffisamment mise au centre des revendications de la mouvance altermondialiste depuis son émergence : la problématique environnementale et plus spécifiquement les changements climatiques. C’est l’une des raisons qui a fait que le FSM 2009 se tienne ici, à Belém, aux portes de l’Amazonie. En effet, cette année se tiennent simultanément la 9ème Édition du forum social mondial et la 5ème édition du Forum social pan-amazonien, qui se déroule habituellement ici, à Belém. C’est donc à un forum social à la fois mondial, régional et thématique que nous assistons cette année.
Cette préoccupation environnementale se retrouve dans la méthodologie de l’événement. Après la marche du 27 janvier qui symbolisait la rencontre des peuples, l’espoir des luttes solidaires et l’ouverture officielle des activités, la première journée du forum, le 28 janvier, fut décrétée jour de l’Amazonie. Toutes les activités étaient essentiellement articulées autour de problématiques socio-environnementales propres cette région pan-amazonienne qui rassemble neufs pays (Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Pérou, Suriname, Venezuela et Guyane française). Préservation de la biodiversité, justice environnementale, droits des peuples autochtones… ce 28 janvier 2009 et devenu le jour de la résistance indigène et populaire contre 500 ans de domination coloniale et capitaliste de la région. L’ambition affichée en cette journée de célébrations et d’appels à la mobilisation collective pour sauver la planète visait clairement à donner la parole aux gens sans paroles, à permettre aux peuples indigènes, aux peuples des rivières et de la forêt d’interpeller le monde entier sur la situation de l’Amazonie, car le destin de tous se joue ici.
Toute la journée, des manifestations culturelles et politiques en plein air, sur de grandes scènes, permettaient aux multiples peuples autochtones de passer leur message : contre la destruction de la forêt, les barrages hydroélectriques en forêt, le dégel dans les Andes et la sécheresse en Amazonie, l’impact socio-environnemental des grands projets miniers et pétroliers, la critique des agro-combustibles et des agissements des agro-négociants, le travail-esclavage, le problème du chômage et des migrations, la lutte pour la terre et contre la violence dans les campagnes et les villes, la démilitarisation de la société, la persécution par l’État des mouvements sociaux et de ses leaders, la criminalisation de la communication populaire, la réaffirmation des cultures des peuples originaires et traditionnels, l’affirmation de l’identité Quilombola et des Afro-descendants, l’autonomie pour les peuples autochtones et la construction d’un État plurinational, contre l’intervention impérialiste et pour une intégration régionale des peuples…
Par des chants, des danses, du théâtre, des déclarations, les peuples amazoniens nous expliquaient que l’heure est grave. La mère-terre est malade et le symptôme de cette maladie est cette fièvre qui la ronge, le réchauffement climatique qui va bientôt nous conduire à la confusion. La maladie ? Une sorte de destruction suicidaire qui se nomme développement, modernité et capitalisme. La vie est en danger, en Amazonie, au Chaco, au Pantanal et les luttes indigènes, les luttes paysannes, celles des mouvements sociaux, des groupes exclus et de tous les peuples du sud doivent converger pour contrer toutes ces formes d’exploitation et de marchandisation qui détruisent notre environnement et conduisent à l’accaparement par quelques uns des ressources naturelles de tous.
Les thèmes abordés étaient variés (Changements climatiques, souveraineté alimentaire, modèles énergétiques, travail, violence, criminalisation des mouvements sociaux, identité, souveraineté nationale et populaire et intégration régionale), mais étaient tous orientés vers une démarche de construction d’alternative. Il s’agissait pour tous ces mouvements de passer de la protestation à la proposition et de mettre de l’avant des projets concrets axés sur l’économie solidaire et communautaire ; l’adoption du principe de réciprocité dans les échanges ; la reconnaissance de l’interculturalité dans les rapports sociaux ; le respect de l’équilibre entre la nature et la société ; la décolonisation du pouvoir, des savoirs et des cultures ; l’autonomie et le respect de la diversité ; la mise en place de gouvernements communautaires ; la transformation de l’État, du Marché et de la Société. Des thèmes finalement assez connus, mais dont la valeur et la pertinence redeviennent évidentes en ces temps de crises, mais surtout dans la manière de passer le message. Car une bonne majorité de gens sur la planète, et au premier rang les dirigeants qui ont les moyens d’agir, sont au courant de la situation environnementale. Le problème est l’inaction. Pourquoi, alors que nous sommes conscientisés, nous ne bougeons pas, nous ne faisons rien ? Tous ces peuples millénaires des rivières, des forêts, qui sortent du cœur de l’Amazonie en habits traditionnels pour nous expliquer leur mode de vie symbiotique avec la nature, contrastant avec le notre qui conduit à la destruction de tout l’écosystème, nous interpellent. Cette fois-ci, ce n’est pas sur la couverture du National Geographic ni sur un écran télévisé qu’ils passent leur message. C’est là, juste en face de vous, en vous tendant la main, en souriant et en vous invitant à écouter tout autour de vous les plaintes des fleuves, les cris des lacs, les sanglots des arbres… les convulsions de la mère-terre.
Allons-nous finir par comprendre… et agir ?

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01 2009

Belém – 27 janvier : La pluie… et l’espoir

Belém – 27 janvier : La pluie… et l’espoir

(Chroniques du FSM 2009) – par Raphael Canet

 

LE FSM 2009 a débuté par une gigantesque marche d’ouverture, traversant Belém, d’ouest en est, depuis la Estação das Docas, ancien cœur marchand la ville où accostaient les bateaux, jusqu’à la Praça da Operário, à la périphérie de la ville, où de déploient les quartiers pauvres.

Plus de 100 000 personnes s’étalant en un long cortège de solidarité, de diversité, d’espoir. Beaucoup de couleurs, de slogans, de rires, de chants, malgré la pluie tropicale qui s’est abattu sur les participants durant la première heure de marche. Un véritable déluge qui n’a pourtant pas découragé les marcheurs qui, s’abritant sous une pancarte, une banderole, un drapeau ou encore sous l’épais programme du forum on continué leur route, trempés, mais continuant à chanter et à appeler la pluie, chuva, chuva… Le tout sous les yeux médusés, le sourire aux coins des lèvres, de la population de la ville, massée le long des rues, bien abrités sous leurs parapluies.

Deux impressions marquantes en ce début de Forum. Tout d’abord, et cela est en continuité avec les précédents forums mondiaux tenus au Brésil, la jeunesse, l’enthousiasme et la motivation des participants. La majorité des participants sont des jeunes de 18 à 24 ans, la plupart étudiants ou diplômés. Cela crée une formidable force de changement social car cet autre monde possible que tout le monde ici cherche à bâtir, c’est le monde à venir, c’est leur monde. La seconde impression est plus spécifiquement à cette neuvième édition du FSM. Il s’agit de sa couverture médiatique. C’est impressionnant lorsqu’on est habitué, dans nos pays, d’être considéré comme un phénomène marginal. Ici, tous les journaux en parlent, la télévision en parlent, les radios en parlent, les murs de la ville en parlent, la ville entière parle du FSM. La marche d’ouverture a été suivi en direct par la télévision, hélicoptère, reporters dans la foules, entrevues à chaud… toute l’armada médiatique mise au service des revendications sociales et de la construction d’un monde commun, chargé d’espoir, le sourire au lèvre, malgré la pluie…

Pour une fois, en cette fin du mois de janvier, les médias (au moins locaux, rêvons un peu!) ne parlaient pas de Davos…

Délégation Uni-Alter de l'Université d'Ottawa

Délégation Uni-Alter de l'Université d'Ottawa

Marche d’ouverture du Forum social mondial de 2009

C’est sous une pluie battante – nous sommes sous les tropiques- que la marche d’ouverture du Forum social mondial de Belém a débuté. Il en fallait bien plus pour décourager les 80 000 personnes (voir plus) qui s’étaient rassemblées dans les rues du centre-ville. Parmi les participants, nous avons noté une forte présence des peuples autochtones, moins visibles lors des autres rassemblements mondiaux, une très forte présence des jeunes militants et une présence soutenue des environnementalistes. Par ailleurs, les « classiques » des marches d’ouverture des FSM ont été en tout point respecté: forte représentation syndicale, présence importante des réseaux de femmes, bonne humeur et ambiance festive étaient au rendez-vous. En revanche, les militants et groupes africains et asiatiques étaient très peu représentés au sein du cortège.
L’élément de nouveauté, c’est la première fois que le forum social mondial est organisé à Belém, a probablement joué dans l’accueil curieux et, en général, enthousiaste que le Bélimois ont réservé aux altermondialistes.

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01 2009